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La salle des pendus

Type de projet

La salle des pendus...

Date

Décembre 2025

Emplacement

Saint Etienne (42)

Il y a des lieux où le silence parle plus fort que les voix. La salle des pendus en fait partie...

La salle des pendus, celle de l’invisible...
Des chaînes rouillées pendent encore, figées dans le silence.
Des vêtements absents flottent comme des ombres humaines.
On appelait cet endroit la salle des pendus.
Et au fond, c’était aussi le reflet d’une société qui suspendait les hommes au travail… et les femmes à l’ombre de ce travail.

Dans les mines du Nord, de Lorraine ou de Saint-Étienne, les hommes descendaient au fond, laissant au plafond leurs bleus, leurs bottes, leurs casques. Avant de descendre, chacun récupérait sa lampe et échangeait un numéro sur le tableau.
Un geste simple, mais terrifiant : ce numéro devenait sa trace, la seule preuve qu’il était là-dessous. S’il ne remontait pas, c’est ce numéro qu’on venait décrocher, dans le silence des décombres.

Descendre à la mine, c’était emporter la lumière… avec la peur de ne devenir qu’un chiffre dans la poussière.

Les femmes, elles, restaient au seuil. La loi française de 1892 avait interdit leur présence dans les galeries, au nom de leur “protection morale et physique”.

Le travail des enfants fut restreint aussi, sous couvert d’humanité, mais sans libération réelle.
Pourtant, ces femmes et ces enfants portaient, eux aussi, le poids du charbon : laver les bleus, nourrir les corps, apaiser les absences. Ils tenaient debout le toit pendant que d’autres creusaient les entrailles.

Lors de ma visite au Musée de la Mine Puits Couriot de la Ville de Saint-Étienne, casque vissé sur la tête, j’ai pris place dans le petit train. Le bruit des rails, le froid de la roche, l’écho des voix…
Entre folklore et vérité, j’ai senti battre le cœur de cette histoire. Chaque lampe, chaque chaîne, chaque numéro racontait une vie suspendue entre courage et silence.

Aujourd’hui, les mines sont fermées, mais la salle des pendus reste. Vestige de labeur, d’injustice, de force aussi.
Elle rappelle que derrière chaque lumière, il y a des ombres et que ces ombres méritent d’être vues.

Parce qu’au fond, l’histoire du travail, c’est celle de l’invisible.

📸 Photos prises lors de ma visite guidée au Musée de la Mine de Saint-Étienne.

Emy SAAD 🌸
La lumière a une histoire, je la raconte.

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